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Ronin : pour ses poursuites renversantes

En 1998, un film peu commun prenait l’affiche. Ronin, du directeur John Frankenheimer, met en vedette deux acteurs provenant de deux milieux diamétralement opposés en matière de conception cinématographique : les États-Unis et la France. Néanmoins, Robert De Niro et Jean Reno livrent des performances à la hauteur de leur talent dans ce film d’action où l’intrigue principale joue presque un second rôle derrière les nombreuses poursuites de voitures que l’on peut savourer tout au long du film.

Et ces poursuites, elles sont mémorables pour deux raisons. D’abord parce que l’action du film se déroule en Europe, ce qui ajoute une touche d’exotisme au son des moteurs, des pneus qui crissent et de la tôle qui se froisse. Puis, question d’ajouter au réalisme du film, aucune scène ne profite de modifications quelconques faites par ordinateur, techniques qui commençaient à devenir populaires au moment où a été réalisé Ronin. En fait, le directeur John Frankenheimer a insisté pour que le tout paraisse le plus authentique possible. En tout, plus de 300  cascadeurs ont été utilisés pour la réalisation des scènes de poursuite.

Et, pour rendre le tout encore plus crédible, les acteurs ont été invités à prendre place à bord des voitures lors des séquences filmées à haute vitesse. Voilà pourquoi les scènes de ce film sont marquantes. Ne dit-on pas que ce sont les petits détails qui font toute la différence?

L’histoire

L’histoire du film demeure simple, mystérieuse et pleine de rebondissements. En fait, la pièce maitresse du film, c’est une mallette que tous semblent vouloir posséder. Les acteurs principaux se sont des mercenaires qui offrent leurs services à un groupe qui désire récupérer ladite mallette à une autre organisation. Leur mission : la subtiliser à l’autre groupe, plus nombreux et mieux armé. Un plan est constitué et est mis en action.

On le devine, il inclut l’utilisation de véhicules.

Nice

C’est dans les vieilles rues du quartier historique de Nice qu’a lieu la première scène de poursuite. Les mercenaires, menés par Sam (Robert de Niro), Vincent (Jean Reno) et Dierdre (Natascha McElhone), tentent de récupérer la fameuse mallette. Pendant la durée du tournage, toute cette section de la ville a été entièrement fermée. La poursuite a impliqué, entre autres, une Audi S8 1998, une Citroën XM 1995, une Mercedes-Benz 450 SEL 1976 et une Peugeot 605 1990. Elle se termine avec une collision provoquée entre la S8 de la bande de mercenaires et la Citroën des détenteurs de la mallette. S’ensuit une fusillade meurtrière où l’un des soudards se révèle être un traître et réussit à s’enfuir seul avec la valise au contenu secret.

Il sera retrouvé, seulement pour réussir à échapper de nouveau à ses poursuivants. Lorsqu’il sera retrouvé une deuxième fois, la table sera mise pour la poursuite ultime du film, celle où, certains s’en rappelleront, les pourchassés et les poursuivants circulent à contresens dans les rues de Paris.

Paris

Les scènes de cette dernière poursuite ont été filmées dans la Ville lumière, plus précisément sur les avenues Duquesne, Segur et Breteucil. Quant aux plus importantes cascades, elles ont eu lieu sur les ponts de Garigliano et de La Défense. Et, bien sûr, impossible d’oublier la fameuse scène dans le tunnel Champerret, similaire en tout point au tunnel où la princesse Diana a malheureusement perdu la vie un an avant la sortie du film.

Pour ceux qui ont en mémoire différentes séquences du film et pour tous les autres qui les découvrent en lisant cet article, il faut savoir que leur qualité n’est pas étrange au passé du réalisateur John Frankenheimer. Ce dernier, né en 1930, a fait de la course alors qu’il était plus jeune. D’ailleurs, c’est lui qui a réalisé le film Grand Prix en 1966. Ceux qui ont vu ce dernier reconnaîtront une certaine façon de faire similaire dans Ronin, spécialement au niveau du positionnement des caméras.

Toujours est-il que les connaissances de John Frankenheimer à propos de la dynamique des véhicules lui ont permis de travailler en étroite collaboration avec le coordonnateur des scènes de poursuite, Jean-Claude Lagniez. En tout, plus de 150 pilotes différents ont été utilisés pour réaliser les différentes séquences du film. À certains moments, la vitesse des véhicules a atteint 200 km/h. Quelque 80 voitures ont volontairement été détruites pour le bon plaisir des cinéphiles.

Et, comme nous le mentionnions précédemment, les acteurs ont été invités à être aux premières loges; ils sont aux commandes des véhicules et présents dans les voitures aussi souvent que possible. L’un d’entre eux, Skipp Sudduth, qui joue le rôle de Larry, a été derrière le volant pour la presque totalité de ses scènes. L’acteur Jonathan Pryce qui joue le rôle du vilain Seamus a mentionné en entrevue ne pas avoir eu à jouer son rôle d’acteur lors des poursuites : « La peur m’envahissait suffisamment que je n’ai pas eue à la simuler. »

Conclusion

À voir et à revoir, Ronin demeure un classique dans son genre. Tout amateur de poursuite de voitures se doit de visionner ce film. Et, comme c’est le cas dans plusieurs films du genre, les visionnements à répétition sont fortement recommandés.

FICHE TECHNIQUE

Titre original : Ronin

Version française : Ronin (v.f.)

Année : 1998

Date de sortie : 25 septembre

Réalisateur : John Frankenheimer

Durée : 122 minutes

Acteurs principaux : Robert De Niro (Sam), Jean Reno (Vincent), Natascha McElhone (Deirdre), Stellan Skarsgard (Gregor)

Budget estimé : 55 000 000 $

Recettes : 41 609 593 $ (1999)

Voitures vedettes : Mercedes –Benz 1976, Citroën XM, BMW 550i 1990, Audi S4

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